Avec un take-up 2021 de 31.500 m², le secteur du retail reprend sa dynamique d’avant-crise. Au cours des mois à venir, de nouvelles enseignes vont ouvrir leurs portes et d’autres se profilent. Entretien avec Marine Fetique, Senior Negotiator, et Cynthia Mitidieri, Consultant, au sein du département Retail de Cushman & Wakefield Luxembourg.

Quel bilan tirez-vous de l’année 2021?

Le nombre global de transactions s’étant élevé à 76, soit le plus haut niveau enregistré depuis 2017, on peut dire que 2021 a été une très bonne année, semblable aux années que nous connaissions avant la pandémie. Après une vague de fermetures au centre de Luxembourg et dans le quartier de la Gare, nous avons assisté l’an passé à un nouvel engouement tant de la part des enseignes locales qu’internationales. La diminution des loyers qui a été enclenchée par la crise COVID n’y est certainement pas étrangère. Avec des loyers en diminution de 30 à 40 % en moyenne au centre-ville et jusqu’à 50 % pour les surfaces commerciales les plus grandes, les marques se positionnent ou se repositionnent. C’est le cas notamment de Foot Locker dans le quartier de la Gare qui va déménager dans les locaux plus spacieux de l’ancien H&M. Membre du groupe Foot Locker, Sidestep (baskets et sneakers) a ouvert ses portes en novembre dernier, dans la Grand-Rue, non loin des Galeries Lafayette, de même que Bolia, l’enseigne de mobilier design scandinave qui a inauguré – dans l’ancien espace Pull&Bear – son 1er espace luxembourgeois, sur plus de 1.000 m². Un peu plus tôt, Kutjen, l’enseigne française spécialisée dans le cachemire avait pris possession de son local rue Philippe II.

Notons aussi la toute récente ouverture à Mersch de Zero Latency, un concept unique de realité virtuelle. Dans les mois à venir, l’ouverture de nouvelles enseignes se poursuivra dans le centre-ville. Au printemps, la marque de prêt-à-porter aux racines scandinaves, Samsøe Samsøe s’installera dans la Grand-Rue. La franchise britannique Pret A Manger (restauration rapide et à emporter de produits frais) ouvrira ses portes au Royal Hamilius avant l’été, alors que l’enseigne connue de restaurant thaïlandais, Pitaya, ouvrira les siennes tout près de la place d’Armes, courant de cette année. En outre, certaines enseignes déjà présentes sont à la recherche de surfaces plus importantes, ce qui démontre bien leur optimisme.

 

De g. à dr. : Cynthia Mitidieri , Consultant, et Marine Fetique , Senior Negotiator, département Retail Cushman & Wakefield.
De g. à dr. : Cynthia Mitidieri , Consultant, et Marine Fetique , Senior Negotiator, département Retail Cushman & Wakefield.

 

Cushman & Wakefield a mené ces transactions. Quelles sont les clés ?

Il arrive que ces transactions soient le fruit de prospection pure, mais, en général, les marques, dans leur stratégie d’expansion, ont des idées bien arrêtées sur les villes où elles veulent s’implanter. Grâce à notre réseau international, d’une part, nous avons des remontées d’informations qui nous permettent de savoir ce qu’elles recherchent exactement et, d’autre part, nous pouvons facilement, grâce à notre bonne connaissance du marché local, entrer en contact avec les propriétaires. Il faut savoir également que même si Cynthia et moi-même chapeautons le département Retail, nous travaillons de manière plus systématique avec nos départements Office et Capital Markets, car de nombreux projets sont mixtes. Cette collaboration renforcée est en grande partie responsable de nos bons résultats.

Comment abordez-vous 2022 ?

Nos perspectives sont optimistes et nous tablons sur une stabilisation des loyers. Sachant qu’un grand nombre d’enseignes, même déjà présentes au Luxembourg, attendent en ce moment la bonne opportunité, le marché devrait encore réserver de bonnes surprises. Même si nous continuons à négocier sur les rues commerçantes du centre-ville, d’autres projets hors Luxembourg-Ville commencent à se concrétiser, tels qu’à Foetz, Belval, notamment dans le tout nouveau quartier Square Mile. Les secteurs qui ont le vent en poupe restent l’alimentation, la restauration, l’équipement de la maison et le prêt-à-porter premium qui, comme le luxe n’a pas été touché par la crise.

N’y a-t-il pas trop d’offres commerciales par rapport à la population ?

Je dirais que l’offre actuelle est suffisante à Luxembourg-Ville. Il ne faudrait pas voir sortir de terre un nouveau Cloche d’Or ou Royal Hamilius, car tout nouveau projet tuerait un certain équilibre commercial, que nous avons vu fragilisé par la crise, et une concurrence saine. Par contre, en périphérie, il y a beaucoup d’opportunités, c’est très motivant.

 

Propos recueillis par Isabelle Couset