Les acteurs dans le domaine du développement durable se multiplient au Luxembourg. Parmi le foisonnement d’initiatives, en voici quelques-unes qui participent à une réduction de la production de déchets et du gaspillage ou encore à une utilisation plus durable de nos ressources.

IMS : vers des entreprises zéro déchet

IMS–Inspiring More Sustainability – est depuis plus de 10 ans le réseau leader des entreprises luxembourgeoises engagées en matière de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). L’association multiplie les initiatives. Toutes ont pour point commun de contribuer à une société plus durable. Encourager une consommation plus responsable et contribuer à une meilleure utilisation des ressources vers une société sans déchet est une des thématiques phares de son programme d’action.

À l’échelle des entreprises, il s’agit de gérer le gaspillage alimentaire, de valoriser les déchets et de construire une politique d’achats responsables pour produire et consommer durablement. IMS agit au coeur des organisations afin de revoir des procédés obsolètes et mettre en place des structures tendant au zéro déchet dès aujourd’hui. Plusieurs projets concrets peuvent être présentés. À travers Zero Single-Use Plastic, et le manifeste associé à l’initiative, IMS accompagne ses membres dans leur démarche d’élimination des plastiques à usage unique.

L’association veut aussi favoriser l’émergence d’une économie circulaire en mettant en commun les ressources des acteurs économiques du même territoire et en développant des relations interentreprises en vue de les économiser et d’augmenter leur productivité. Le projet Food Waste Zero soutient et lance des initiatives visant la réduction du gaspillage alimentaire dans les entreprises, les accompagnant dans leur démarche et proposant des projets pilotes ainsi que des événements innovants.
https://imslux.lu 

Flécken a Léinen : emprunter ou réparer plutôt qu’acheter

Pourquoi jeter ou remplacer ce qui peut être réparé ? Pour bon nombre de biens, ne serait-il pas plus opportun d’emprunter plutôt que d’acheter ? Ces deux questions, la plateforme Flécken a Léinen se les est posées. Portée par plusieurs acteurs – le ministère de l’Environnement, du Climat et du Développement durable, la Chambre des Métiers, la Chambre de Commerce, SDK, Oekozenter Pafendall, Ecotrel et l’INDR –, cette initiative s’inscrit dans une démarche de développement durable en facilitant le partage de biens et leur réparation.

D’une part, la plateforme permet à ses utilisateurs de trouver rapidement des établissements proposant des services de réparation dans de nombreux domaines. D’autre part, elle vous permet de trouver des acteurs proposant d’emprunter du matériel ou de le louer, que ce soit une remorque, une voiture ou encore une robe de soirée. En adoptant ce réflexe, chacun peut mieux protéger l’environnement en réduisant les déchets superflus et en réalisant les efforts nécessaires pour les éliminer. De cette manière, en outre, on préserve les ressources naturelles.
https://www.flecken-a-leinen.lu 

Livrer les invendus alimentaires à des associations

Du côté de l’alimentation, des efforts aussi doivent être faits pour limiter le gaspillage. En la matière, le gouvernement luxembourgeois ambitionne de réduire les déchets alimentaires du pays de 46 %. Actuellement, un résident luxembourgeois produirait en moyenne 124 kg de déchets par an. La volonté est de réduire cette moyenne à 62 kg. Pour y parvenir, chacun devra y mettre du sien. Surtout, les acteurs privés doivent s’inscrire dans une nouvelle dynamique.

La grande distribution semble avoir compris l’enjeu. Lidl, par exemple, a choisi de commercialiser pour 1 EUR des paniers de 3 kg de fruits et légumes toujours comestibles, mais ayant été retirés des rayons en raison d’un aspect non commercial. D’autres proposent leurs produits dont la date limite de consommation s’approche de 6 jours à des associations ou épiceries solidaires. Cactus, par exemple, collabore avec la Croix-Rouge. Quant à Auchan, il dispose d’un accord avec l’association Stëmm vun der Stross, qui vient en soutien aux personnes défavorisées.

Food4All : réduire le gaspillage dans les supermarchés

Autre initiative, la start-up Food4All (F4A) entend faciliter la vie des consommateurs tout en s’attaquant au gaspillage alimentaire au niveau des supermarchés. Grâce à un logiciel, la start-up aide les supermarchés à mieux gérer leur stock afin d’éviter le gaspillage. Elle soutient les employés, leur permettant d’identifier rapidement les produits dont la date limite de consommation approche. Ceux-ci sont alors rassemblés dans des endroits dédiés F4A au coeur du magasin.

D’autre part, une communauté d’utilisateurs de l’application F4A reçoit chaque jour des promotions, et peut ainsi facilement localiser un supermarché partenaire, se laisse inspirer par des recettes originales… et se réjouir de faire des économies en optant pour ces produits. Du côté du supermarché, au-delà de limiter le gaspillage et les pertes, l’application permet de générer des visites. Tout le monde est gagnant. Aujourd’hui, Delhaize et Pall Center sont partenaires de Food4All.
https://www.f4a.icu 

Mieux exploiter l’eau pour la préserver

L’eau est une ressource naturelle essentielle à la vie qui se raréfie. La problématique, dans un contexte de réchauffement climatique, devrait se renforcer dans les années à venir. Dans un Luxembourg qui fait face à une démographie galopante, la question de l’exploitation de l’eau et de sa gestion est de plus en plus souvent posée. Au Luxembourg, la pression sur l’eau est aussi accentuée en raison de l’effort de réindustrialisation du pays. L’implantation de l’usine FAGE, dans ce contexte, a soulevé beaucoup de questions. Un Google, s’il veut s’implanter pourrait aussi avoir besoin de beaucoup d’eau. Pour faire face à ces enjeux, des solutions innovantes naissent au Luxembourg.

La jeune société innovante Ama Mundu Technologies a par exemple mis au point un système de filtration de l’eau qui doit notamment permettre d’inscrire cette ressource dans une approche d’économie circulaire. Jusqu’à présent, l’eau est amenée jusqu’au consommateur qui, une fois qu’il l’a utilisée, la rejette. Il faut ensuite dépenser beaucoup d’énergie pour la traiter et pouvoir la rejeter dans la nature.

Ama Mundu envisage l’exploitation de l’eau autrement, proposant un changement de paradigme. En mettant en oeuvre les avancées technologiques réalisées dans le domaine de la nanofiltration, sa solution permet de filtrer l’eau plutôt que de la traiter. Le principe est de séparer les divers éléments que les eaux usées contiennent – à savoir une eau de qualité, des nutriments et de l’énergie – afin de pouvoir les revaloriser séparément ensuite. L’eau de qualité pourrait, dans cette optique, être directement réutilisée localement plutôt que d’être rejetée.

Ama Mundu Technologies aide ainsi les collectivités en charge de la gestion des eaux, les promoteurs, les industriels pourvoyeurs de grandes quantités d’eau ou encore des agriculteurs à adopter des approches plus raisonnées, plus durables et plus économiques de la gestion et de l’exploitation de cette ressource essentielle pour tous.
https://ama-mundu.com 

Et plein d’autres initiatives…

Les projets liés au développement durable ne manquent pas au Luxembourg. Le portail Aktioun-Nohaltegkeet (https://www.aktiounnohaltegkeet. lu), lancé en septembre dernier par le Conseil Supérieur du Développement Durable, entend justement les regrouper. Start-up, entreprises, municipalités, instituts de recherche, écoles… tout le monde peut y présenter ses initiatives. Une soixantaine de projets y sont répertoriés actuellement. Mais ce n’est qu’un début.

Sébastien Lambotte